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Quels sont les délais légaux et réels pour l'enregistrement d'un bien immobilier au Tabou (cadastre) en Israël après l'acquisition ?

Guide

L'acquisition d'un bien immobilier en Israël représente un projet de vie majeur pour de nombreux francophones, qu'il s'agisse d'une résidence principale, d'un investissement ou d'une préparation à l'Alyah. Au-delà de la signature de l'acte de vente, l'étape finale et essentielle est l'enregistrement formel de votre propriété au Tabou, le registre foncier israélien. Ce processus, bien que fondamental, est souvent entouré d'interrogations concernant les délais réels et les implications juridiques. Cet article a pour objectif de démystifier les différentes étapes et les échéances à anticiper pour une inscription sereine de votre bien au Tabou, en se penchant sur les aspects légaux et administratifs propres au contexte israélien.

Comprendre le Tabou : Pilier de la propriété immobilière en Israël

Le Tabou, ou Registre Foncier (Lishkat Rishum Mekarka'in), est l'institution centrale qui garantit la sécurité juridique des transactions immobilières en Israël. Il s'agit d'un organisme d'État où sont consignés de manière officielle les droits de propriété, les charges (hypothèques, servitudes) et les restrictions affectant chaque parcelle ou unité immobilière. L'enregistrement au Tabou est la preuve ultime et indéniable de la propriété, conférant à l'acquéreur un titre de propriété opposable à tous.

Sans un enregistrement formel au Tabou, le transfert de propriété n'est pas pleinement réalisé et l'acquéreur ne détient qu'un droit contractuel, mais pas un droit réel. Cela signifie que tant que le bien n'est pas inscrit à son nom, il existe un risque juridique, même minime, et une impossibilité de réaliser certaines opérations comme la revente ou l'obtention d'une nouvelle hypothèque. La procédure d'enregistrement est donc la dernière étape cruciale pour sécuriser l'investissement immobilier.

Il est important de noter que le système israélien est basé sur le principe de la publicité foncière, ce qui signifie que les informations contenues dans le Tabou sont publiques et consultables. Cette transparence assure une grande fiabilité des données et protège les parties prenantes. Le rôle du Tabou est ainsi de maintenir un état des lieux précis et à jour des droits immobiliers sur le territoire, garantissant la fluidité et la sécurité des transactions.

Pour un francophone s'installant en Israël, qu'il soit jeune actif, famille ou retraité, comprendre l'importance du Tabou est primordial. C'est l'équivalent du cadastre ou du registre foncier que l'on connaît dans de nombreux pays occidentaux, mais avec ses spécificités locales. Une parfaite maîtrise de ce processus est essentielle pour éviter toute déconvenue ou retard inattendu dans l'établissement de sa nouvelle vie en Israël.

Les étapes clés post-acquisition conduisant à l'enregistrement au Tabou

Le chemin vers l'enregistrement final au Tabou est jalonné de plusieurs étapes administratives et fiscales qui doivent être scrupuleusement respectées après la signature de l'accord de vente. La première étape significative est généralement le paiement du Mas Rekhisha (taxe d'acquisition), qui est dû dans un délai prédéfini suivant la signature du contrat. Le respect de ce délai est impératif pour éviter des pénalités et pour obtenir le "quitus fiscal" nécessaire.

Une fois le Mas Rekhisha acquitté, il est également nécessaire d'obtenir une attestation de l'autorité locale confirmant l'absence de dettes pour l'arnona (taxe municipale) et les autres redevances locales. Cette attestation, souvent appelée 'ishur iriya', est un prérequis indispensable à l'enregistrement. Le vendeur est généralement responsable de l'obtention de ce document, mais l'acheteur doit s'assurer de son bon déroulement, notamment si le contrat prévoit des retenues sur le prix de vente pour garantir ces paiements.

Parallèlement, si le bien est soumis à la TVA (cas des biens neufs ou de certains terrains), l'attestation de paiement de la TVA doit également être obtenue. De même, si le vendeur a réalisé une plus-value, il doit s'acquitter du Mas Shevah (impôt sur la plus-value immobilière) et fournir une attestation de paiement ou d'exonération. L'ensemble de ces documents fiscaux et municipaux constitue le dossier que l'avocat soumettra au Tabou.

Enfin, si l'acquisition a été financée par un prêt hypothécaire (Mashkanta), la banque exigera l'enregistrement d'une hypothèque en sa faveur au Tabou. L'avocat de l'acheteur coordonnera cette démarche avec l'avocat de la banque pour s'assurer que l'enregistrement de la propriété au nom de l'acheteur et l'enregistrement de l'hypothèque se fassent concomitamment ou dans un ordre précis, selon les exigences bancaires et légales.

Délais légaux : Ce que dit la loi israélienne

La loi israélienne ne fixe pas de délai unique et impératif pour l'enregistrement du transfert de propriété au Tabou après la signature du contrat de vente. Cependant, elle établit des délais pour les étapes intermédiaires qui impactent directement le processus final. Par exemple, le paiement du Mas Rekhisha est généralement attendu dans les 60 jours suivant la signature du contrat. Le non-respect de ce délai peut entraîner des amendes et des pénalités significatives, ce qui peut ralentir tout le processus.

De même, la loi encadre les délais de réponse des différentes autorités pour la délivrance des attestations nécessaires. Par exemple, les municipalités ont un délai pour émettre les attestations d'absence de dettes (arnona, etc.). Bien que ces délais soient généralement respectés, des retards peuvent survenir, en particulier dans les périodes de forte activité ou en cas de litige sur des paiements passés. Ces délais légaux sont des balises importantes mais ne constituent pas une garantie de rapidité pour l'enregistrement final.

Il est crucial de distinguer les obligations contractuelles des obligations légales. Le contrat de vente lui-même peut spécifier des délais pour certaines actions, comme la remise de documents par le vendeur ou le paiement de soldes. Ces délais contractuels, bien que non directement liés au Tabou, impactent la capacité de l'avocat à assembler le dossier complet pour l'enregistrement. Une clause de performance rapide peut être insérée pour inciter les parties à agir promptement.

En l'absence de délai légal strict pour l'enregistrement au Tabou lui-même, la diligence des parties et de leurs représentants légaux devient le facteur déterminant. L'objectif est de collecter tous les documents requis le plus rapidement possible après l'accomplissement des obligations contractuelles, afin de soumettre un dossier complet et conforme aux exigences du Registre Foncier. Tout manquement ou document manquant entraînera inévitablement un allongement des délais.

Délais réels : Les facteurs influençant la durée du processus

En pratique, les délais pour l'enregistrement d'un bien immobilier au Tabou en Israël peuvent varier considérablement, allant de quelques semaines à plusieurs mois, voire dans certains cas exceptionnels, plus d'un an. Cette variabilité est due à une multitude de facteurs, dont la complexité du bien, la réactivité des parties et de leurs avocats, et l'efficacité des différentes administrations impliquées. Il est essentiel pour les acquéreurs de comprendre cette réalité pour gérer leurs attentes.

L'un des facteurs majeurs est la complétude du dossier. Tout document manquant, toute erreur dans les formulaires, ou toute incohérence dans les informations fournies peut entraîner un rejet du dossier et un retour à l'envoyeur, occasionnant des retards significatifs. L'expertise de l'avocat dans la préparation et la vérification minutieuse de chaque pièce est donc primordiale pour minimiser ce risque. La complexité du bien, par exemple s'il s'agit d'une propriété avec plusieurs propriétaires ou des droits de succession non réglés, peut également allonger la procédure.

La réactivité des autorités est un autre élément clé. Bien que les administrations aient des délais légaux pour répondre, la réalité peut être différente. Les périodes de vacances (fêtes juives, été) ou les pics d'activité peuvent ralentir le traitement des demandes. La communication entre l'avocat et les différentes entités (municipalité, Autorité Fiscale, Tabou) est donc cruciale pour suivre l'avancement et relancer si nécessaire. Une bonne coordination permet de fluidifier le processus.

Enfin, la nature du bien et de sa propriété antérieure peut jouer un rôle. Un bien enregistré depuis longtemps au Tabou avec un historique clair sera généralement plus rapide à transférer qu'un bien en cours de 'ristourne' (enregistrement initial au Tabou d'un terrain qui n'y était pas encore pleinement inscrit) ou un bien issu d'une succession récente. Les cas de 'Zikaron Dvarim' (accords préliminaires) non finalisés ou de droits non clairs peuvent également complexifier la tâche de l'avocat et rallonger les délais.

Le rôle crucial de l'avocat dans l'optimisation des délais

L'avocat spécialisé en droit immobilier joue un rôle absolument central dans le processus d'enregistrement au Tabou et dans la gestion des délais. Dès le début de la transaction, il anticipe les documents nécessaires, vérifie la conformité de toutes les pièces et s'assure que le contrat de vente inclut des clauses protectrices concernant les délais et les obligations des parties. Son expertise permet d'éviter les erreurs courantes qui pourraient retarder l'enregistrement.

Une fois le contrat signé, l'avocat coordonne la collecte de tous les certificats et attestations requis : quitus fiscal pour le Mas Rekhisha et le Mas Shevah, attestation d'absence de dettes municipales (arnona, etc.). Il s'assure que le vendeur fournit tous les documents en temps voulu et procède aux vérifications nécessaires. En cas de réticence ou de retard du vendeur, l'avocat dispose des leviers juridiques pour faire avancer le dossier, conformément aux termes du contrat.

L'avocat est également l'interlocuteur privilégié avec les différentes administrations. Il soumet le dossier complet au Tabou, répond à d'éventuelles demandes d'informations complémentaires et suit l'avancement du dossier. Sa connaissance des procédures internes et des attentes des greffiers du Tabou permet de minimiser les allers-retours et d'accélérer le traitement. Pour les acquéreurs francophones, l'avocat sert souvent de pont linguistique et culturel, expliquant les subtilités du système israélien.

En somme, l'efficacité de l'avocat est le facteur le plus déterminant pour optimiser les délais d'enregistrement. Un avocat expérimenté et diligent saura anticiper les difficultés, préparer un dossier irréprochable et suivre activement le processus, réduisant ainsi considérablement les délais potentiels. Choisir le bon professionnel est donc un investissement qui porte ses fruits en termes de tranquillité d'esprit et de rapidité d'exécution.

Cas particuliers : Biens neufs, successions, et transactions complexes

L'enregistrement au Tabou peut être particulièrement complexe et long dans certains cas spécifiques. Pour les biens neufs, notamment les appartements achetés sur plan (achat 'sur papier'), le délai d'enregistrement peut être considérablement plus long que pour un bien existant. En effet, l'enregistrement définitif ne peut avoir lieu qu'une fois la construction entièrement achevée, le permis d'occupation (Tofes 4) obtenu, et surtout, après que le 'Bayit Meshutaf' (immeuble en condominium) ait été enregistré au Tabou. Ce dernier processus, qui implique la division cadastrale de l'ensemble de l'immeuble en unités distinctes, peut prendre plusieurs années après la livraison de l'appartement.

Les transactions impliquant des successions sont également sujettes à des délais supplémentaires. Avant que le bien puisse être transféré à un nouvel acquéreur, il est impératif que la succession soit réglée et que le bien soit officiellement enregistré au nom des héritiers, via un 'Tsav Yerusha' (ordonnance de succession) ou un 'Tsav Kioom Tsavaa' (ordonnance d'exécution de testament). Ce processus peut être long, surtout s'il y a plusieurs héritiers, des litiges familiaux, ou si certains héritiers résident à l'étranger. L'avocat doit alors gérer à la fois la succession et la vente du bien.

Les transactions complexes, telles que l'acquisition de terrains nécessitant un changement de zonage, des biens faisant l'objet de droits multiples (emphytéose, servitudes, etc.) ou des propriétés avec des charges non levées, peuvent également entraîner des retards significatifs. Chaque spécificité ajoute une couche de vérification et d'approbation administrative, rallongeant d'autant le calendrier. L'anticipation de ces difficultés par l'avocat est essentielle.

Enfin, les biens relevant de l'Administration des Terres d'Israël (Minhal Mekarkei Yisrael ou Israel Land Authority - ILA) ont leurs propres procédures et délais. Bien que le bien soit enregistré au Tabou, l'approbation de l'ILA est souvent requise pour le transfert, ce qui ajoute une étape administrative supplémentaire. Il est crucial de s'informer dès le départ si le bien est concerné par ce type de propriété pour anticiper les délais spécifiques à l'ILA.

Les conséquences d'un enregistrement retardé ou incomplet

Un enregistrement retardé ou incomplet au Tabou n'est pas sans conséquences pour l'acquéreur. La principale est l'absence de pleine propriété légale et d'opposabilité aux tiers. Tant que le bien n'est pas enregistré à votre nom, vous ne détenez qu'un droit contractuel. Cela signifie que le vendeur reste formellement le propriétaire aux yeux de la loi, ce qui peut potentiellement créer des risques en cas de problèmes financiers du vendeur ou de litiges sur le bien.

De plus, un enregistrement incomplet peut empêcher l'acquéreur de réaliser certaines opérations essentielles. Par exemple, il peut être difficile, voire impossible, d'obtenir un nouveau prêt hypothécaire sur le bien ou de le revendre sans un titre de propriété clair. Les banques exigent généralement l'enregistrement de leur hypothèque au Tabou pour finaliser le financement, et un retard dans l'enregistrement de la propriété peut bloquer ce processus.

Sur le plan financier, un retard peut entraîner des coûts supplémentaires. Des amendes peuvent être imposées pour le non-paiement des taxes dans les délais, et les frais juridiques peuvent augmenter si l'avocat doit consacrer plus de temps à résoudre des problèmes liés à des retards. Pour les francophones qui envisagent de s'établir en Israël, un enregistrement tardif peut également retarder l'accès à certains droits ou avantages liés à la propriété.

Enfin, un enregistrement incomplet ou erroné peut générer un stress considérable et des inquiétudes quant à la sécurité de l'investissement. Il est donc primordial de s'assurer que toutes les étapes sont suivies avec diligence et que l'enregistrement final est effectué correctement. La vigilance de l'acheteur et l'expertise de son avocat sont les meilleures garanties contre ces désagréments.

Conseils pratiques pour les acquéreurs francophones

Pour les francophones qui entreprennent un achat immobilier en Israël, une préparation minutieuse et une bonne compréhension du processus sont essentielles. Premièrement, choisissez un avocat spécialisé en droit immobilier israélien, parlant français, et dont l'expérience est reconnue. Sa capacité à naviguer dans le système juridique et administratif israélien sera votre plus grand atout pour une transaction fluide et un enregistrement rapide au Tabou. N'hésitez pas à demander des références et à vérifier ses compétences.

Deuxièmement, soyez proactif dans la fourniture de tous les documents et informations que votre avocat pourrait vous demander. Que ce soit des documents d'identité, des preuves de fonds, ou des informations sur votre statut en Israël, une réponse rapide de votre part peut éviter des retards inutiles. Comprenez également les implications fiscales (Mas Rekhisha, Mas Shevah) et assurez-vous d'avoir les fonds disponibles à temps pour éviter les pénalités.

Troisièmement, maintenez une communication régulière avec votre avocat. Demandez des mises à jour sur l'avancement du dossier et n'hésitez pas à poser toutes vos questions. Il est important de bien comprendre chaque étape et les raisons des éventuels retards. Un bon avocat sera transparent sur le processus et vous tiendra informé à chaque jalon important.

Enfin, soyez patient mais vigilant. Les délais en Israël peuvent parfois être plus longs que ce à quoi vous êtes habitués. Cependant, une patience active, c'est-à-dire un suivi régulier et une réactivité constante, est la clé. Anticipez que le processus puisse prendre plusieurs mois et ne planifiez pas d'opérations sur le bien (comme une revente ou des travaux majeurs nécessitant un titre de propriété) avant d'avoir la confirmation de l'enregistrement définitif au Tabou.

Le rôle du Zikaron Dvarim et son impact sur les délais

Le 'Zikaron Dvarim' (Mémorandum d'accord ou Protocole d'entente) est un document préliminaire souvent signé en Israël avant le contrat de vente formel, notamment dans les contextes de transactions rapides ou pour "bloquer" un bien. Bien qu'il puisse sembler pratique pour sécuriser un accord, il est crucial de comprendre que le Zikaron Dvarim n'est pas, en soi, un contrat de vente définitif et ne déclenche pas le compte à rebours pour l'enregistrement au Tabou. Sa nature juridique peut être ambigüe et son impact sur les délais est indirect mais significatif.

Juridiquement, un Zikaron Dvarim peut être considéré comme un contrat contraignant s'il contient tous les éléments essentiels d'un accord de vente. Cependant, s'il manque des clauses importantes ou s'il est trop vague, sa force exécutoire peut être contestée. L'avocat doit impérativement examiner ce document avec la plus grande attention, car des problèmes non résolus à ce stade peuvent ralentir considérablement la rédaction et la signature du contrat de vente définitif, qui est le véritable point de départ des démarches d'enregistrement.

L'impact sur les délais d'enregistrement au Tabou réside dans le fait que si le Zikaron Dvarim n'est pas suivi rapidement d'un contrat de vente formel et détaillé, le processus reste en suspens. Des litiges peuvent survenir concernant les termes du Zikaron Dvarim, nécessitant des négociations prolongées, voire des procédures judiciaires, avant même que le contrat de vente puisse être finalisé. Cela retarde d'autant plus la collecte des documents fiscaux et municipaux, et donc la soumission du dossier au Tabou.

Il est donc fortement recommandé, surtout pour les acquéreurs francophones non familiers avec le système israélien, de consulter un avocat avant de signer un Zikaron Dvarim. Idéalement, ce document devrait être rédigé par un avocat, ou du moins relu et validé par lui, pour s'assurer qu'il protège les intérêts de l'acquéreur et qu'il ne crée pas d'obstacles futurs au bon déroulement de la transaction et à l'enregistrement rapide au Tabou.

La spécificité des biens en 'Hakira' (enquête) ou 'Birur' (vérification)

Certains biens immobiliers en Israël peuvent être désignés comme étant en 'Hakira' (enquête) ou 'Birur' (vérification) au Tabou. Cette désignation indique que des incertitudes ou des problèmes juridiques existent concernant le titre de propriété, les limites du terrain, ou d'autres droits associés au bien. L'enregistrement d'un bien en Hakira ou Birur est intrinsèquement plus long et plus complexe, car il nécessite la résolution de ces problèmes avant que le transfert de propriété ne puisse être finalisé.

Les raisons d'une Hakira ou Birur peuvent être multiples : des erreurs historiques dans les registres, des chevauchements de propriétés, des litiges sur les limites, des droits de succession non clarifiés sur plusieurs générations, ou des constructions non conformes. Le processus de résolution implique souvent des recherches approfondies dans les archives, des relevés topographiques, des négociations avec les parties concernées, et parfois même des décisions de justice. Cela peut prendre des mois, voire des années, selon la complexité du cas.

Pour un acquéreur, acheter un bien en Hakira ou Birur présente des risques significatifs et des délais imprévisibles. Il est impératif que l'avocat effectue une diligence raisonnable extrêmement poussée avant toute signature de contrat. Il doit identifier la nature exacte du problème, estimer le temps et les coûts nécessaires à sa résolution, et s'assurer que le contrat de vente contient des clauses de protection claires pour l'acheteur en cas de non-résolution des problèmes.

Dans de nombreux cas, il est conseillé aux acquéreurs, surtout ceux qui recherchent une transaction rapide et sans heurts, d'éviter les biens en Hakira ou Birur, à moins d'être pleinement conscients des risques et des délais potentiels, et d'avoir une équipe juridique très expérimentée pour les accompagner. Le coût initial potentiellement plus faible de tels biens peut être largement compensé par les retards, les frais juridiques supplémentaires et le stress engendré par la résolution des problèmes sous-jacents.

L'importance de l'attestation municipale (Ishur Iriya)

L'attestation municipale, ou 'Ishur Iriya', est un document crucial et souvent un point de blocage potentiel dans le processus d'enregistrement au Tabou. Ce certificat, délivré par la municipalité ou le conseil local, atteste que toutes les taxes et redevances locales dues pour le bien immobilier (arnona, taxe d'eau, taxe d'assainissement, taxe d'amélioration des infrastructures, etc.) ont été entièrement payées et qu'il n'y a pas de dettes en suspens. Sans cet Ishur Iriya, l'enregistrement au Tabou est impossible.

Le vendeur est légalement tenu de fournir cet Ishur Iriya. Cependant, des retards peuvent survenir si le vendeur a des dettes impayées, si des litiges existent sur le montant des taxes, ou si la municipalité elle-même est lente à traiter la demande. Dans certains cas, la municipalité peut refuser de délivrer l'attestation si des violations de construction (permis non conformes, extensions illégales) existent sur la propriété, même si les taxes sont à jour. Ces situations peuvent bloquer l'ensemble du processus pendant des semaines ou des mois.

L'avocat de l'acheteur doit s'assurer que le contrat de vente inclut des clauses claires sur la responsabilité du vendeur d'obtenir l'Ishur Iriya dans un délai raisonnable. Il est également courant de retenir une partie significative du prix de vente jusqu'à la présentation de ce document, afin d'inciter le vendeur à agir rapidement. Cette retenue est une protection essentielle pour l'acheteur.

Pour les francophones, il est important de comprendre que l'obtention de cet Ishur Iriya n'est pas une simple formalité. C'est une vérification approfondie des antécédents financiers et administratifs du bien auprès de l'autorité locale. Tout problème identifié à ce stade doit être résolu avant de pouvoir progresser vers l'enregistrement final au Tabou, ce qui souligne l'importance d'une diligence raisonnable précoce et d'une gestion proactive de cette étape par l'avocat.

Perspectives pour les nouveaux immigrants et les investisseurs

Pour les nouveaux immigrants (Olim Hadashim) et les investisseurs francophones, la compréhension des délais d'enregistrement au Tabou est d'autant plus critique. Les Olim Hadashim, souvent désireux de s'installer rapidement et de sécuriser leur logement, peuvent être surpris par la durée du processus. Il est important d'intégrer ces délais dans la planification de leur Alyah, notamment en ce qui concerne le déménagement, l'inscription des enfants à l'école, ou l'obtention d'une adresse permanente pour les démarches administratives (Ministère de l'Intérieur, banques, etc.).

Les investisseurs, qu'ils achètent pour louer ou pour revendre, doivent également tenir compte de ces délais dans leurs projections financières. Un enregistrement tardif peut retarder la mise en location du bien, l'obtention d'un nouveau financement, ou la finalisation d'une revente. Cela impacte directement le rendement de l'investissement et la liquidité des fonds. La planification financière doit donc inclure une marge de manœuvre pour ces éventualités.

Pour les deux catégories, l'accompagnement par un avocat francophone est un atout indéniable. Au-delà de l'aspect purement juridique, l'avocat peut expliquer les nuances culturelles et administratives, aidant ainsi à naviguer dans un système parfois déroutant. Des services de conseil intégrés, incluant l'orientation vers des experts fiscaux ou des gestionnaires de biens, peuvent également être précieux pour une intégration réussie de l'investissement ou de la vie en Israël.

En conclusion, que vous soyez un nouvel immigrant construisant votre foyer en Israël ou un investisseur cherchant à développer votre patrimoine, anticiper les délais d'enregistrement au Tabou est une étape incontournable. Une bonne préparation, une diligence constante et le choix d'experts compétents sont les clés pour transformer cette étape administrative en une formalité maîtrisée et sécurisée, vous permettant de profiter pleinement de votre acquisition immobilière en Israël.

Questions fréquentes

Le Zikaron Dvarim est-il suffisant pour prouver la propriété avant l'enregistrement au Tabou ?

Non, le Zikaron Dvarim est un accord préliminaire. Il ne confère pas la pleine propriété légale et n'est pas un substitut à l'enregistrement au Tabou. L'enregistrement au Tabou est la seule preuve formelle et opposable de votre droit de propriété.

Puis-je revendre mon bien si l'enregistrement au Tabou n'est pas encore finalisé ?

Il est très difficile, voire impossible, de revendre un bien dont l'enregistrement au Tabou n'est pas finalisé à votre nom. Les acquéreurs potentiels et leurs banques exigeront un titre de propriété clair et enregistré au Tabou pour sécuriser la transaction.

Qu'est-ce que le 'Bayit Meshutaf' et comment affecte-t-il les délais d'enregistrement des biens neufs ?

Le 'Bayit Meshutaf' est le registre du condominium. Pour les biens neufs, l'enregistrement de l'immeuble en tant que condominium au Tabou est une étape préalable et souvent longue avant que les appartements individuels puissent être enregistrés au nom des acheteurs. Cela peut prendre plusieurs années après la livraison du bien.

Les délais sont-ils différents si j'achète un terrain plutôt qu'un appartement ?

Oui, l'achat d'un terrain peut avoir des délais différents, surtout s'il est non construit, s'il nécessite un changement de zonage ou s'il est géré par l'Administration des Terres d'Israël (ILA). Des autorisations supplémentaires sont souvent requises, ce qui peut rallonger le processus d'enregistrement au Tabou.

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